Les insectes en agriculture
Les insectes représentent les ¾ des animaux de la planète et ils ne sont pas encore tous répertoriés. Environ 1 million d’espèces sont connues dont 400.000 sont des insectes phytophages.
| Moins de 10% des espèces d’insectes phytophages se nourrissent aux dépens de plus de 3 familles de plantes et plus de 80% des insectes se nourrissent sur une seule famille végétale. |
Les insectes se sont donc spécialisés sur une espèce particulière. Ces processus de spécialisation ont nécessité la mise en place chez les insectes de différents mécanismes adaptatifs leur permettant d’éviter les effets toxiques, répulsifs ou anti-appétants des métabolites secondaires. Au regard de la diversité des composés secondaires auxquels sont confrontés les insectes phytophages, il est bien évident que les différents mécanismes adaptatifs développés sont eux aussi très nombreux et font appels à différentes stratégies.
Nombre d’espèces d’insectes en France métropolitaine par ordre
| Ordre | Nombre | % |
|---|---|---|
| Coléoptères (scarabées, lucanes, longicornes, carabes, dytiques, charançons, buprestes, chrysomèles, coccinelles, lucioles, etc.) | 9600 | 27.2 |
| Hyménoptères (abeilles, bourdons, guêpes, fourmis, etc.) | 8000 | 22.7 |
| Diptères (mouches, moucherons, taons, syrphes, moustiques, tipules, etc.) | 6500 | 18.4 |
| Lépidoptères (papillons de jour et de nuit) | 5120 | 14.5 |
| Hémiptères (punaises, pucerons, cigales, cicadelles, cochenilles etc.) | 3550 | 10.1 |
| Orthoptères (sauterelles, grillons, courtilière, criquets) | 210 | 0.6 |
| Phthiraptères (poux) | 180 | 0.5 |
| Plécoptères (perles) | 150 | 0.4 |
| Ephéméroptères (éphémères) | 140 | 0.4 |
| Odonates (libellules, demoiselles) | 85 | 0.2 |
| Divers (17 ordres : fourmilions, ascalaphes et chrysopes, blattes, termites, mantes, phasmes, thrips, puces, etc.) | 1735 | 4.9 |
| TOTAL | 35270 | 100 |
La spécialisation des insectes limite la capacité d’invasion d’une culture. Si, dans les rares études sur la diversité et la densité entomologique dans les cultures, il ressort que 20% des insectes recensés sont théoriquement de types phytophages broyeurs ou piqueurs, la culture considérée ne sera pas forcément attaquée si l’insecte spécialiste n’est pas là. Mais comme il y a également 20% d’insectes entomophages (mangeurs d’autres insectes) présent simultanément sur la même culture, les chances d’expression de l’attaque d’un ravageur spécialiste ou généraliste sont considérablement réduites.
Cette information est importante pour l’agriculteur car cette spécialisation minimise les risques d’attaques à quelques exceptions – toujours possibles- mais avec les 1000 à 2000 espèces courantes d’insectes prédateurs, répertoriées actuellement dans les études sur le sujet et augmentées des milliers d’espèces d’arachnides, des milliers d’espèces de bactéries et de champignons prédateurs d’insectes, des milliers d’autres animaux vertébrés ou invertébrés présent dans le Nature, qui sont capables d’intervenir sur les cultures pour le maintien de l’équilibre entre les populations d’insectes (mangeurs d’œufs, de larves, d’adultes), il parait peu probable, comme le révèle l’expérience sur le terrain , que des attaques aient lieu sur les parcelles régies par l’éco-biologie des sols et l’écologie environnementale.
Les Trichogrammes sont l’exemple type de ces techniques de lutte biologique à base d’insectes. Ce sont des micro hyménoptères qui pondent dans les œufs d’autres insectes hôtes (ravageurs) qui seront tués et serviront de nourriture à la larve. Ces insectes sont employés sur des millions d’hectares dans le monde et ils permettent de protéger des cultures très variées contre de nombreux ravageurs.
Les coccinelles, les syrphes, les Carnoplex, les Phytomyptera sont d’autres exemples tout aussi probants.
Plus de 150 espèces d’arthropodes sont désormais commercialement disponibles dans le monde. L’expérience de plus d’un siècle de lutte biologique classique dans le monde montre que le bénéfice est considérable et le risque économique constaté pratiquement nul.